Carnet de route

Un été à Ailefroide

Le 29/08/2010 par L. Vinot & T. Baudewyns

 Au pied du Mont Pelvoux (3946m), dans le Massif des Ecrins, le minuscule village d'Ailefroide est un haut lieu de l'alpinisme international.

Depuis Vallouise, la route  a attrapé  le virus de la grimpe ; elle tourne, s’enroule  et s’offre le spectacle du torrent  rendu furieux par la dernière pluie.

Petit à petit, on découvre les hauts sommets avec les petites taches blanches sur leurs cimes.

Enfin la forêt toujours aussi profonde  annonce l’arrivée au hameau d’Ailefroide.

Ailefroide : quel nom peu attrayant ! Quelques maisons, 3 ou 4 commerces, deux petits  hôtels et cet immense  camping   bucolique en diable, où les tentes se cachent dans la forêt. Mais quel spectacle ! Les parois rocheuses se dressent tout autour comme pour nous protéger du monde.  Nos pensées se concentrent sur cet environnement préservé.

 En ce mois de juillet, le hameau est pris d’assaut par les amoureux de la montagne. Pas de frime, la montagne, c’est dur.

 Il y a les habitués, les pros : ceux qui affrontent les grandes voies aux noms  étranges  et chargés de rêve : 

- la Fissure : voie ouverte par  Lionel Terray dans les années 40.

- la Snoopy : la grande classique.

- le secteur de la Draye, le Secteur Palavar, Tenue de soirée : un des premiers 8a en France et ouverte par le blond  Patrick Edlinger. 

Il y a aussi les habitués plus modestes, qui affrontent le dur granit  tôt le matin, et dont les appels résonnent sur les parois. Ils seront sur la Cocarde, Serfouette express, Bleu Pétrole ou Little Palavar, par exemple. 

Tous reviendront  au soleil déclinant, rouges, fourbus, dans un cliquetis de dégaines et pliés sous le poids de leurs cordes.

On voit beaucoup de  petits nouveaux qui "tâtent " du rocher ;  ils s’entraînent  à 3 mètres du sol : ils font du " bloc"  et ont pris la précaution de poser leur matelas sur l’herbe pour amortir la chute ;  bonne précaution.

Et puis il y a les marcheurs : les grands marcheurs  à l’aspect dromadaire : de dos on voit le sac  énorme, et deux jambes.  Ils quittent le camping en fin d’après midi et partent dans les refuges : le Glacier Blanc, le Sélé, les Ecrins, le Pelvoux ; après un semblant de sommeil de 2 heures au refuge, ils partiront à la lampe frontale pour les grandes courses dont ils rêvent tant.

Les marcheurs  du dimanche (et du jeudi)  partiront du camping plus tard, quand il fait déjà trop chaud. Ils s’offriront un goût  d’aventure  jusqu’aux  aux refuges.  Pas forcement de tout repos ! 

Le soir, au camping, aux airs de camp indien par tous ces feux de bois, on se réchauffe les mains et on se raconte les exploits du jour.  Tous refont le monde en parlant montagne et les projets futurs prennent alors naissance.

Le lendemain arrive et c’est reparti pour de nouvelles aventures.  Mais il faudra revenir car tout le monde est d’accord pour dire que le temps passe trop vite.

Ailefroide,  l’été, c’est un petit paradis.

 

L. Vinot & T. Baudewyns

 







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