Carnet de route
Raid à ski dans le Mercantour, du 22 au 27 février 2026.
Le 23/03/2026 par HELSON Nicolas
Un raid avec de la neige…et du soleil !
Raid à ski dans le Mercantour, du 22 au 27 février 2026.
Composition d’équipe : Bernard, Michel, Philippe, Pascale, André, Marie-Jeanne, Jean-Luc, Jean-Yves, Joëlle, Tess, Laure, Nicolas.
Jour 1 :
Départ depuis Avignon, en direction de Saint-Dalmas-de-Tende. On croise près d’Avignon le vol d’oiseaux migrateurs que l’on retrouvera le lendemain pendant la rando à ski. On passe la frontière Italienne, puis la route retourne en France dans des gorges d’une étroitesse impressionnante formée par la Roya. À certains endroits, les stigmates de la tempête Alex sont encore bien visibles. Arrivé au lac des Mesches, on laisse les voitures et monte rapidement jusqu’au gîte Neige et Merveilles. La neige est bien là, pas de portage et ça fait plaisir pour ce début. Elle fait des formes très jolies sur les rochers de la rivière, et on zigzague entre elles pour atteindre le refuge. On est accueillis par Jean-Yves et Philippe qui ont fait une journée d’échauffement sportive en nous attendant, dans de la neige apparemment collante même si on ne les croit pas trop… On les croira assez rapidement le lendemain ! Nuit froide au gîte qui contraste avec la chaleur et le beau temps du séjour.
Jour 2 :
Début des choses sérieuses. L’équipe est divisée en deux groupes. Le groupe de Bernard monte en direction du refuge des Merveilles, puis se fait un bonus en direction du pas de l’Arpette pour se mettre en jambe et profiter d’une bonne descente. Celui de Michel part en direction du Bégo. Le début est laborieux, et doit faire les sangliers. Le soleil a fait des ravages sur la neige et rend la progression difficile sur la première rampe au-dessus du vallon. Ça s’améliore ensuite, même si on croise des passages de la bien réelle neige collante. Arrivés sur l’épaule du Bégo, la progression est bien plus aisée. On observe plein de chamois, qui sont sûrement venus manger l’herbe qui pointe sur cette face bien ensoleillée. Pause pique-nique aux alentours de 2500 m, avec vue sur la Corse ! On est super bien, au soleil et sans le moindre vent pour nous gêner. Une partie du groupe monte rapidement, allégée des sacs, jusqu’à une plateforme sous le sommet. La vue est splendide, c'est la première fois du séjour qu’on découvre la plaine du Pô et l’arc alpin, mais pas la dernière. Superbe vue sur le Grand Capelet et la cime du Diable également. Je commence à embêter tout le monde en donnant le nom de tous les sommets que je connais. Désolé, c’est trop tentant… Redescente sympa dans une neige printanière, puis remontée jusqu’au refuge des Merveilles où l’on arrive synchro avec l’autre groupe. On rencontre deux jeunes en itinérance. Ils débutent un périple en autonomie censé les mener à travers les Alpes, sur les pas de Sylvain Tesson et de son livre « Blanc ». Impressionnant ! On joue au jeu de Marie-Jeanne et Jean-Luc qui fait travailler notre mémoire. Ce n’est pas évident la première fois. Ce soir-là, c’est Pascale qui débute et empile les cartes. Pour ce premier vrai refuge de montagne, l’accueil de Julien le gardien est parfait. La croziflette nous régale, tout autant que les bouillottes astucieuses que Julien nous fournit. Nuit au chaud cette fois donc, grâce aux bouillottes et pour le plus grand plaisir de Tess et Laure ! Seule ombre au tableau du jour, André a perdu ses lunettes.
Jour 3 :
Départ en direction du refuge de Nice. On traverse le lac Long supérieur et ses belles craquelures. Personne ne tombe à l’eau, mettant en doute la théorie du troisième skieur de Michel. La montée jusqu’à la baisse de la Valmasque se fait dans une neige glacée et on fait nos premières conversions dans une pente plus raide. Les gravures des Merveilles sont malheureusement enfouies sous la neige et on les guette en vain. Ascension plus tranquille ensuite en direction de la baisse du Basto. Jolie vue sur les sommets alentours, en particulier le Neiglier, et sur notre objectif du lendemain et roi des Alpes-Maritimes : le Gélas. D’ici, pas évident de voir comment on va s’y frayer un chemin… La descente du col est raide et truffée de quelques cailloux. Pour la première fois, la corde est de sortie pour sécuriser ceux qui en ont besoin, et n’a pas été portée pour rien ! Bonne descente ensuite vers le refuge de Nice, sous le soleil toujours au rendez-vous. Petit bonus pour Michel, Philippe et moi-même : montée dans le vallon en direction du mont Clapier, et redescente dans une neige très sympa. Encore une super nuit au refuge avec l’accueil au top de Christophe le gardien. Daniel se régale à discuter avec lui. Cette fois, le repas du soir c’est couscous et c’est encore délicieux ! On recroise les deux jeunes de la veille, ainsi que des Autrichiens qui, fidèles aux clichés, sont de vraies machines. Ils ont skié le couloir du Gélas et partent le lendemain pour une énorme journée en direction du col de Tende. On joue encore au jeu de cartes de Marie-Jeanne et Jean-Luc, et cette fois Pascale est une vraie pro.
Jour 4 :
Le lendemain, on forme une nouvelle fois deux équipes. Celle de Bernard passe par le mont Colomb et son raide couloir. Ski sur le dos, crampons et corde au programme ! Redescente ensuite vers la Madone de Fenestre. L’équipe Michel part quant à elle en direction du Gélas. La montée se fait dans une neige dure en direction du lac Long, qu'on longe. Puis montée sur les terrasses du Gélas avant d’arriver au pied d’un couloir qui débouche au pied du sommet et de son balcon. Là aussi, c’est ski sur le dos et crampons au programme ! Le couloir du Gélas pour monter au sommet ne paraît pas très engageant, donc on se tourne plutôt vers le balcon. La vue au sommet est splendide. On discerne des sommets mythiques des Alpes : Viso, Mont-Blanc, Cervin, Mont Rose, tout en voyant la mer et la Corse de l’autre côté ! Descente plaisante vers la Madone grâce au parfait sens de l’orientation de Michel. Encore une fois on est timés, les deux groupes arrivent quasiment synchros ! On profite bien du soleil sur la terrasse du refuge, avec une belle vue sur le mont Ponset. On savoure aussi une bonne douche, sauf pour certains dont on ne citera pas le nom (Michel : berk). Petit bonus pour Michel, Philippe et Jean-Yves qui montent dans le vallon du Ponset, sous l’impulsion d’un Jean-Yves surmotivé. Encore un accueil fantastique de la part de Patrick le gardien. Ses histoires nous embarquent, notamment celle sur l’acheminement du gaz : un vrai défi depuis que la route, ravagée par la tempête, est devenue une simple piste 4x4. Le repas est un pur délice, mention spéciale à la soupe et son pistou incroyable.
Jour 5 :
Départ vers le pas des Ladres en direction du refuge de la Courgourde. Jean-Yves fait parler ses yeux de lynx et nous permet d’observer des chamois au loin au-dessus de nous. Bernard ne les voit pas, mais il croit Jean-Yves. La descente du col est raide et gelée. Encore une fois, la corde nous aura servi et Philippe est content : il ne l’aura pas portée pour rien ! Quelques glissades : Joël nous fait admirer sa technique d’alpiniste en s’arrêtant à l’aide de son bâton, faisant office de piolet de fortune. Le groupe de Michel descend directement au refuge. Le groupe Bernard monte en direction de la tête de Trécolpas, avec pour but de redescendre au refuge par la combe des Gaisses. Le couloir de descente est trop raide et trop gelé. Descente donc par la face de montée en direction du lac de Trécolpas et pique-nique très agréable sous le soleil, qui ne nous quitte décidément plus. Quelques grosses avalanches de fond provoquées par la chaleur nous obligent à la prudence et à quelques zigzags sur la route du refuge. Michel, Philippe et Jean-Yves s’offrent encore un bonus et nous font les traces pour le lendemain en direction des lacs Bessons. On discute avec deux jeunes de Chambéry très sympas qui viennent d’Italie, à l’endroit où l’on se dirige le lendemain. Le fils de Patrick, Quentin, nous offre un super accueil encore, et un très bon gâteau au chocolat en dessert !
Jour 6 :
Le lendemain, dernier jour et départ aux aurores. Journée chargée car l’objectif est de passer côté italien direction les termes de Valdieri et de prendre le train pour revenir à Tende. Pas mal d’incertitude sur la descente côté italien. Sera-t-elle facile ? Jusqu’où la neige pourra nous porter ? Comment rejoindra-t-on la gare plus loin en contrebas ? La montée depuis le refuge se fait sur de la neige gelée et provoque quelques glissades. Arrivés aux lacs Bessons, on poursuit au-dessus d’eux dans une montée aérienne en direction du col de Guillié. On observe des traces de loups, ils ne sont en fait pas bien loin. Les deux jeunes de Chambéry, qui nous précédaient de peu, ont vu une meute de six individus ! La descente côté italien se déroule parfaitement. La neige est étonnamment bonne et la descente se fait par un petit goulet très joli. On descend efficacement vers les termes de Valdieri et jusqu’à la limite de l’enneigement un peu plus bas. Bernard nous fait une belle cabriole, mais plus de peur que de mal. Les deux jeunes de Chambéry nous descendent très gentiment Bernard et moi jusqu’à la gare. Ensuite, un premier relais de taxi amène Pascale, Jean-Yves et Daniel. La suite se passe miraculeusement bien : le reste du groupe croise des personnes venues déposer des skieurs et qui acceptent de les redescendre dans la vallée. Un taxi supplémentaire et tout le monde se retrouve à la gare, heureux et soulagé du scénario parfait de cette descente. Le soleil qui ne nous aura pas quittés du séjour est encore et toujours de la partie. Retour à Saint-Dalmas-de-Tende par le train, et son tracé en spiral qui nous permet de gagner en altitude jusqu’à la frontière. André retrouve finalement ses lunettes, qui étaient restées à la voiture. Une journée parfaite en somme. Retour sur Avignon, après un petit arrêt dans un café italien. Malheureusement pas de pâtes, il était trop tôt !
En bref, un super raid dans le meilleur massif montagneux de France : le Mercantour (oui, je suis un peu biaisé étant originaire de Nice). Merci à Bernard pour le choix du Mercantour, son organisation et son encadrement au top. Merci aussi à Michel pour son guidage parfait. Et merci à toute l’équipe pour ces beaux moments qu’on n'est pas près d’oublier…
Jean-Yves sur les craquelures du lac-long supérieur. Le groupe se réchauffe près du poêle au refuge des Merveilles.
La corde est de sortie pour la baisse du Basto.
Bernard a trouvé une position stratégique : directement sur le poêle.
La corse depuis le Bégo.
Montée au dessus du lac de Trécolpas.
Le Gélas et son fameux couloir.
Le Bégo et le grand Capelet, avec la corse en fond.
La plaine du Pô.
Le Gélas depuis la baisse du Basto.
Photo de groupe au refuge de la Cougourde.




