Carnet de route
Initiation ski de randonnée, entre mélèzes et peuf
Le 13/01/2024 par Bethoux Lauren
Samedi 13 janvier
7h. Le réveil sonne dans la chambre surchauffée du refuge de Larche.
14 têtes endormies s'activent pour préparer les sacs, s'habiller, petit déjeuner, remplir les gourdes...
8h15. Tout le monde dehors. Le mercure indique -5°C. Le ciel est dégagé, la journée s'annonce bien ensoleillée (au grand damne de Bernard qui espérait nous mettre à l'épreuve avec des conditions plus mauvaises. "Il faut entraîner son mental et sa résistance !")
Au programme ce matin : découverte du ski hors-piste sur la petite station de Saint Anne au Condamines-Chatelard et apprentissage du grand art des conversions.
Quelques explications nous sont données pour appréhender au mieux la descente, qu’on pourrait résumer ainsi : les bras en avant en position «camionneur », les tibias collée aux languettes, le corps souple sur les jambes et surtout, aucune appréhension !!
La neige est délicieuse, légère, poudreuse, on croirait flotter ... Certains n'hésitent pas à la goûter de plus près ! Après quelques chutes, on arrive en bordure d'une forêt de mélèzes.
Objectif : slalomer ! Malgré quelques réticences, la fine équipe s'engage, sans manquer d'embrasser quelques mélèzes au passage !
Dernière descente ... Va-t-on déjeuner ? Pas encore : pour chercher le bon spot, Bernard nous propose de monter à l'écart des pistes
Après avoir « peautés » les skis, réussis à enclencher les fixations avant au bout de (10!?) tentatives, sans oublier les chaussures en mode "marche", nos 14 cafistes s'attaquent à leur première conversion ! Une entreprise délicate qui mérite plusieurs explications de Bernard et Raphaël et de nombreux essais plus ou moins fructueux. L'important est de bien maîtriser cet art pour s'économiser de l'énergie à la montée.
Après une petite ascension d'une centaine de D+ nous nous arrêtons enfin pour manger : 10min pas plus ! Mais le soleil est si agréable que l'on peine à se remettre en route.
L'après-midi se déroule avec l'ascension vers la Tête de Croues
Bernard, en grand pédagogue, nous fait passer par tous les types de pentes, et nous fait même mettre les couteaux !
16h, le soleil commence à décliner derrière les montagnes, il est temps de rentrer au bercail. Petite bière en bas des pistes et voilà, premier jour terminé ! Direction le gîte où un succulent et copieux repas nous attend.
Dimanche 14 janvier
Le rythme matinal est bien rodé à présent : levé 7h, petit déjeuner 7h30 et à 8h10 tout le monde dehors (ou presque).
Départ du gîte cette fois ci via la piste de biathlon pour monter directement en pleine forêt de mélèzes vers la Tête de Plate Longe…
La côte attaque raide au réveil, les mollets chauffent. Une pause ? Raté ! Il s’agit d’un exercice de recherches de DVA dans la neige. Bilan : une victime sur deux retrouvée ! Bernard nous avoue finalement, après avoir laissé le groupe chercher 10 bonnes minutes que la deuxième « victime fictive » n’avait pas de DVA. Leçons importantes à retenir : bien nommer le leader et dans la poudreuse, sans ski, on s’enfonce !
Ça repart pour une trace slalomant dans un sublime vallon désert, le soleil n’est plus très loin et nous attire vers lui. Les conversions n’ont plus de secret pour personne. Si on allait en haut de cette bute ensoleillée qui semble parfaite pour déjeuner ? Manque de bol, arrives en haut, le groupe est accueillie par de belles rafales de vent. Sommet atteint à 12h.
Ni une ni deux, le groupe redescend se mettre à l’abri derrière une bute et des mélèzes. il est 12h20 et on mange un morceau pour se féliciter d’avoir passé l’épreuve du jour : 752 m de dénivelé en 3h30 soit environ 210m/h. D’après Bernard, les débutants avancent à 150m/h ; s’en tire donc pas mal du tout ! Bon les bons marcheurs font 600m/h on a de la marge encore.
On repart fissa chassés par les rafales, le groupe de Bernard revient par le chemin monté plus tôt dans la matinée, celui de Raphael part explorer le couloir. La neige est douce et légère, un vrai plaisir de descendre dedans malgré la température des cuisses qui monte dangereusement sur les grandes traversée.
La deuxième partie du parcours consiste à éviter les mélèzes, et les souches, et les pierres, et les autres cafistes. Un joli défi.
Quelques chutes, pas mal de rires, une racine a tenté de nous enlever notre Bernard mais c’était sans compter ses ressources, il a su, dans une cascade, sauver sa cheville.
L’apéro du départ joyeux est bien mérité ! Il nous permet de nous projeter dans le prochain weekend. Il nous tarde déjà de repartager tous ensemble cette chambre de 14 couchages !




