Carnet de route
Semaine raquettes à Guillestre en 2022
Le 11/03/2022 par Brigitte Maisonneuve
Semaine raquettes à Guillestre en 2022 organisée par Jean-Pierre Sicre et Mireille, avec 7 cafistes
Samedi 29/01 : en fin de matinée, sous un ciel bleu, Pierre et moi arrivons à la maison du haut de Guillestre où nous allons passer 1 semaine ; nous sommes accueillis chaleureusement par Mireille et Jean-Pierre qui nous ont devancés pour ouvrir le chalet. Bientôt, nous sommes rejoints par Hélène, Elisabeth et Didier. Après un pique-nique pris au chaud, nous nous équipons pour une première sortie. Devant la maison, équipement avec les DVA, occasion de fous rires pour démêler les sangles toutes tournées du DVA-Caf d’Hélène.
Puis route vers Réotier, et départ à pied de 1400m (D638, parking 44.678036 6.588128). Cette sortie vers Mikeou (env 1500m), puis les bois au-dessus, est l’occasion d’exercices avec les boussoles (chercher le bon chemin, repérer l’azimut d’un sommet pour trouver son nom sur la carte, …), petit contrôle oral par Jean-Pierre de nos connaissances sur la recherche sous avalanche, puis recherche concrète d’un DVA caché dans la neige par Jean-Pierre assisté de Pierre. Nous rentrons à la voiture en coupant par les pentes en sous-bois plus ou moins enneigées. Bilan de cet après-midi : groupe enthousiaste, bonnes révisions et un bâton cassé dans une glissade de descente. Le soir, nous retrouvons Céline au chalet, arrivée dans l’après-midi par le train. Apéritif, feu dans la cheminée, bon repas, présentation sur la carte de la sortie du dimanche ; chacun prépare son pique-nique et son matériel pour le lendemain.
Dimanche 30 : Vars 1667m - Crête de la Selle 2405m (≈10km, ∆700m)
Jacques, levé aux aurores, nous rejoint le matin pour partager la randonnée au départ de Vars-Sainte Marie (parking 44.592692 6.690826). Le groupe est au complet avec 7 cafistes sous la conduite de Jean-Pierre pour les randonnées, et choyés par Mireille et Jean-Pierre au chalet avec de très bons dîners copieux préparés à Avignon.
La neige bien portante nous permet de démarrer à pied avec les raquettes sur le sac pour remonter le vallon du torrent de Chagnon, torrent coupé par de nombreux petits barrages. Dans ce vallon encaissé, vite nous nous trouvons sur des plaques verglacées avec des passages un peu délicats. Pierre et moi apprécions nos crampons à placer sous nos chaussures. Certains évitent la glace en coupant dans les bois, d’autres ont des semelles qui accrochent assez pour passer. Pour monter au-dessus du torrent en rive droite au niveau du Pont de la Salce (1888m), il nous faut traverser une grande plaque de glace qui couvre la piste. En remontant, nous finissons par trouver une neige profonde qui nécessite les raquettes pour avancer. Nous traversons le torrent sous un barrage et sortons de la partie boisée. Une pause boisson, fruits secs s’impose pour souffler un peu et admirer le paysage. La pente se redresse et le groupe s’étale dans la montée au col de la Celle (2405m). Les premiers trouvent une superbe salle à manger au sud, sur l’herbe avec une vue grandiose. Le vent a soufflé la neige sur les crêtes ce qui donne une vue de montagne de printemps….
Nous redescendons en versant sud, jusqu’à une piste de ski qui rejoint le pont de la Salce. La température permet qu’à cette heure il ne soit plus verglacé ; la traversée s’effectue donc facilement en raquettes comme à pied, avec ou sans crampons. Il n’y aura donc pas de photos de cafistes traversant à plat ventre sur la glace pour ne pas glisser dans le torrent de Chagnon. Jean-Pierre semble presque déçu !
Nous continuons un peu la piste ; puis, il faut redescendre près du torrent sur le chemin de montée, pour ne pas rajouter des km en suivant la piste qui mène à Ste Catherine. Les divers GPS et écrans Iphigenie sont activés pour chercher le meilleur trajet dans la pente et éviter les zones verglacées de la montée. Nous retrouvons notre chemin juste au-dessus du barrage d’aval et nous arrivons au parking. Une très belle journée pour tous, « pas fatigante du tout » pour certaines raquetteuses, mais contente d’arriver pour moi suite à des crampes à répétitions dans la descente ! Didier profite de ce passage à Vars pour aller reconnaître un grand gîte vers Vars-Ste Catherine.
Le soir, Thomas (fils de Mireille et Jean-Pierre), pompier à Briançon, vient nous redonner tous les bons réflexes et les consignes de sécurité en sortie neige : diaporama, réponses de professionnel à nos questions. Nous sommes parés pour partir à l’aventure !
Lundi 31 : Champcella 1208m – Cabane du Clos Laffont 2080m (≈10km, ∆800m)
D
e mon côté, journée de repos au chalet. Le groupe part à 8h30 pour Champcella sur la rive droite de la Durance. Montée dans une belle neige jusqu’à la cabane du Clos Laffont. Encore une belle journée sous le ciel bleu d’après les discussions enthousiastes le soir à l’apéritif.
Mardi 01 février : Ceillac Pied du Mélezet 1700m –crête du Queyrellet 2730m (≈10km, ∆1030m)
Encore une défection ce matin. Suite à une mauvaise chute la veille et une douleur au pied, attiré par une baignade dans les sources chaudes de Monetiers-les-Bains, Didier choisit une journée de repos réparateur. Nous partons donc à 7 de l’extrémité de la D60 (en hiver) où se trouve l’hôtel « La cascade » près d’une chapelle. Il faut traverser plusieurs arrivées de pistes, mais il n’y a quasiment pas de skieurs ce matin ; le vallon est à l’ombre et il fait froid. Nous remontons la route en bordure de la piste damée, les raquettes sur le sac. Au point à 1890m, environ 600m après les quelques maisons du lieu-dit « Cime du Mélezet », il faut quitter la piste de Fond de Chaurionde qui suit le torrent du Mélezet, pour monter à gauche vers les maisons et la chapelle de la Riaille (1950m). Les 3 plus rapides ont continué vers Fond de Chaurionde ; il faut les appeler et les attendre à la Riaille ce qui permet à Jean-Pierre, Hélène, Pierre et moi une agréable pause au soleil en savourant quelques fruits secs avec étude de la carte pour la suite vers la crête. Le groupe rassemblé va remonter le torrent du Col Albert par un petit chemin raide passant entre le Clos de Brunet et la Montagne de la Riche avec quelques passages verglacés. Vers 2210m, petite pause au soleil pour se désaltérer et souffler dans un beau paysage plus ouvert. Nous sommes surpris par un skieur qui arrive du col Albert et s’arrête dans un style impeccable à notre niveau, entre nos raquettes et quelques cailloux. Après une discussion avec Jean-Pierre sur les itinéraires les plus intéressants pour les raquettes et l’état des crêtes, il reprend sa descente, et nous, notre montée. Nous gravissons un petit raidillon bien enneigé ; le vallon s’ouvre alors vers le nord-est sur les crêtes du Queyrellet. Le groupe part vers les crêtes dans une neige profonde et je m’arrête vers 2350m pour économiser mes genoux pour les jours suivants. Le paysage est déjà magnifique et je vais le savourer en descendant. Après une pause pique-nique au soleil, descente par le chemin de montée avec les raquettes jusqu’aux passages étroits et ombrés qui sont restés verglacés ; je chausse alors mes crampons-sauveurs. Je profite de mon avance à la descente pour écouter la nature, prendre des photos et même lire au soleil à la Riaille. J’emprunte la piste réservée aux piétons et raquettistes ; en dessous, sur la piste parallèle de ski de Fond de Chaurionde, les skieurs descendent du fond de la vallée pour rejoindre le parking ; le soleil disparaît derrière les crêtes et la température baisse. Nous ne trainons pas sur le parking, et rejoignons Guillestre avec les images des beaux paysages traversés dans la tête. Encore une belle journée !
Mercredi 02 février : repos et musée le matin ; repos ou Lac Miroir (2218m) l’après-midi
Matinée décontractée, Jean-Pierre nous a réservé une visite privée de l’exposition « Ousmane Sow » dans la caserne Rochambeau de la forteresse Montdauphin. Si au départ, les enthousiasmes ne sont pas partagés par certains, au retour c’est un vote unanime. Les grands personnages de la bataille Bighorn et l’architecture de la caserne ont séduit tout le groupe. Pas d’affolement, si vous êtes intéressé, les statues vous attendent pendant encore 9 ans (renseignements sur http://www.place-forte-montdauphin.fr/Actualites/Little-Bighorn-par-Ousmane-Sow).
Après une petite visite de la forteresse, il faut rentrer. Jean-Pierre a proposé aux plus déterminés une petite montée (env 540m) au Lac Miroir (= Lac des Prés Soubeyrand) au-dessus de Ceillac ; le petit groupe (Cécile, Jacques et Pierre) doit partir assez tôt pour rentrer avant la nuit. Le lac était superbe. Mais la redescente fut périlleuse avec des passages de glace ; seul Pierre est resté droit, les 3 autres sont tombés et ont dû se bloquer sur les pieds cramponnés de Pierre pour franchir certains passages. Jean-Pierre a été époustouflé par les figures de danse de Jacques dans ses glissades !
Cette descente a alimenté les conversations du soir mais n’a pas troublé la bonne humeur du groupe. La soirée s’est finie avec la découverte d’un jeu de société ; une équipe de filles a affronté une équipe de garçons entre rires et contestations….
Céline, Pierre et Jean-Pierre sur la passerelle du chemin montant au lac Miroir (GRP tour de la Font Sancte)
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Jeudi 03 février : la Chalp 1664m – cabane des Ecuelles (tunnel du Parpaillon) 2500m (≈18km, ∆900m)
Départ du parking des pistes de fond au hameau de la Chalp au-dessus de Crévoux ; nous longeons les pistes de fond vers la barre rocheuse « Les Enfers » qui ferme la vallée à l’ouest. Surprise sur notre droite, d’étranges constructions colorées dans les arbres ! puis d’autres structures tout aussi surprenantes en bord du chemin de la cascade du Razis que nous prenons à droite ; chaque ouvrage est expliqué par un petit panneau, que certains prennent le temps de lire. Nous sommes sur le parcours des fées, « où l’art s’intègre dans la nature sauvage et préservée » d’après https://www.crevoux.fr/parcours-des-fees-parcours-artistique-crevoux/. Jusqu’à la montée à droite de la cascade du Razis, nous n’avons vu que quelques-unes des œuvres dans la neige, mais ce départ était très insolite et donne envie d’y retourner au printemps pour mieux découvrir ces œuvres des fées. Puis l’itinéraire s’est redressé, pour gravir la pente face à la cascade de glace où évoluaient deux cordées. Par de petits lacets, dans la pente au-dessus de la cabane des Sèches (1830m), nous avons rejoint la piste (2029m), puis, en coupant un lacet, la cabane du Gouron (2097m) vers midi. De l’entrée de cette cabane de berger, il y avait une magnifique vue sur le Pic de Chabrières et les crêtes. J’ai choisi ce point de pique-nique pendant que le reste du groupe continuait jusqu’à la croix de Razis (2145m) où ils ont mangé.
Par la large piste, je suis ensuite montée jusqu’à la Croix de Razis pour découvrir les crêtes de la montagne de Parpaillon en espérant voir le groupe. Mais ils avaient filé vers les crêtes, où, après un long parcours, ils ont pu admirer la vue sur le lac d’Embrun.
Après une pause à la Croix dans un décor magnifique, je suis redescendue par la large piste jusqu’à la cabane des Espagnols comme Jean-Pierre me l’avait indiqué. Quelques skieurs de randonnée m’ont doublé dans la forêt. Après une longue pause à la cabane des Espagnols, lieu de mémoire des républicains espagnols qui ont percé le tunnel de Parpaillon, j’ai rejoint le parking où Didier et Céline m’attendaient pour rentrer à Guillestre. Le reste du groupe est rentré un peu plus tard après une longue marche qui leur a permis de voir le lac d’Embrun et l’entrée du tunnel de Parpaillon.
Vendredi 04 février : Brunissard 1768m – col Tronchet et crête de Glaisette 2383m (≈11km, ∆620m)
Montée dans le Queyras jusqu’à Brunissard, peu après Arvieux. Arrêt au parking à l’entrée du village (44.792329 6.731871), en face de la chapelle ; vu le faible enneigement, nous chargeons les raquettes sur les sacs et nous remontons la petite route à l’est vers le Ravin du Partus. Nous remontons le ravin dans les bois (GR58-GRP). Peu à peu la pente se redresse, les plaques de verglas nous compliquent la montée. Certains chaussent les raquettes, ceux ayant des crampons s’équipent et nous sommes tous vigilants. Le groupe s’étire un peu, puis se rassemble à un petit col où la vue se dégage. Il faut alors tirer à gauche en traversée au-dessus de pentes dégagées et raides. Après une pause, nous poursuivons à vue dans la neige vers le col du Tronchet. Réunion stratégique et étude des cartes à la croisée des chemins (2309m) sous un grand soleil : va-t-on vers le nord pour déjeuner au lac de Souliers à 1,73 km (2480m), prévu initialement, ou, pour ne pas rentrer trop tard, nous dirigeons-nous directement vers la crête de Glaisette pour manger au sommet (2383m). A l’unanimité, il est décidé d’aller vers le sud pour rejoindre la crête où nous mangeons, certains à l’ombre sous les arbres côté ouest et d’autres au soleil assis dans la neige avec la vue sur la vallée de Souliers. Avant de repartir, Hélène refait un petit exercice d’azimut pour nommer un sommet.
Nous poursuivons sur la crête ; puis le chemin descend brutalement dans les bois, longe le haut du vallon du torrent du Rivet avec des rochers ocres sculptés par l’érosion offrant un paysage magnifique. Nouvel exercice proposé par Jean-Pierre avant de descendre dans la vallée : comme faire un baudrier avec une sangle et descendre une personne dans une pente raide. Hélène est volontaire et s’encorde avec un nœud de huit ; nous nous entraînons tous à faire ce nœud le plus rapidement possible. Nous repartons vers la vallée en traçant en forêt en direct dans les pentes de neige. Nous atteignons (1840m) une piste qui longe au nord le torrent du Rivet avant de rejoindre la station de ski de La Chalp. Nous quittons la piste vers le nord par une sente qui traverse vers Le Lauzon. Au niveau du torrent des Aiguillettes, nouvelle pose carte : soit nous remontons de 50m en bartassant pour rejoindre une piste qui nous amène au-dessus du parking, soit nous descendons la piste mais avec le risque d’avoir à marcher en bord de route. Les voix sont opposées, mais la majorité décide de descendre ; nous arrivons, en coupant par les prés enneigés, directement au parking, sans marcher sur la route. L’arrivée en milieu d’après-midi nous donne le temps d’aller au café boire un pot avant de rentrer à Guillestre.
Grosse activité au chalet pour ranger nos affaires, vider et distribuer les vivres restants. A l’apéritif, remise de petits souvenirs à Mireille et Jean-Pierre en remerciement pour cette belle semaine. Après le repas, une dernière partie de jeux, avec deux équipes mixtes cette fois-ci, et toujours des rires.
Samedi 05 février :
Jean-Pierre a proposé un petit tour le matin, sans doute à pied faute de neige autour du chalet. Les participants préfèrent partir dès le matin et laisser Jean-Pierre profiter de sa famille sur place. Dès 9h00, tout est rangé et les 3 voitures repartent vers Isle-sur-Sorgues, Avignon ou Nîmes, tandis que Mireille et Jean-Pierre attendent pour rendre les clefs.
Chacun ramène de belles images de cette semaine inondée de soleil, entre raquettes et marche à pied, avec de superbes paysages entre neige, glace et zones d’herbe ; en prime, soupes délicieuses, plats soignés, poèmes et jeux de sociétés ; le tout agrémenté de rires et bonne ambiance.
Un grand merci pour cette belle semaine à Jean-Pierre, Mireille et tous les participants.
(photos prises par Céline, Didier, Pierre, Brigitte) CR de Brigitte.





